Americana :
Le rêve américain


Notre époque. Las Vegas. Un groupe mystérieux, bras armé d’une figure influente d’un milieu interlope, remonte la piste d’un crime étrange.

Ninjas : « Boss, ça peeeennnnccchhhheee » Boss : « Quelle bande de crétins...  »

Ninjas : « Boss, ça peeeennnnccchhhheee »
Boss : « Quelle bande de crétins… »

Un supplément pour la gamme Americana ? Plus que ça. Il se compose du duo suivant : un écran 4 volets et un ouvrage de 48 pages (proche du format A5 tous les deux).

 

Ma première question, après la lecture du Syndrome de Babylone était de savoir si j’allais revivre la même expérience. Alors oui, et non.

Ninja, voix enrouée : « I'm Batman »

Ninja, voix enrouée : « I’m Batman »

Oui
Le ton reste sensiblement le même. Sans parler du style propre à l’auteur, il s’agit de mettre en avant une ambiance horrifique, qui rentre rapidement dans le vif du sujet avec des séquences surréalistes. Les personnages connaissent d’ailleurs d’emblée un lien fort avec le surnaturel.

 

Chaque scène possède en introduction une proposition musicale (j’ai pu ainsi en découvrir de nouvelles, pour mes parties). Puis, il y a ces précieuses suggestions de contes, que je trouve personnellement plus neutres que celles du livre de base – et donc plus faciles à mettre en place. L’intrigue colle merveilleusement à celle que l’on connaît du Syndrome de Babylone et, l’idée de la délocaliser permet de prendre pleinement possession du terrain de jeu.

Ninja : « Patron ? Je ne manque pas de ressources ! » Boss : « T'es viré »

Ninja : « Patron ? Je ne manque pas de ressources ! »
Boss : « T’es viré »

Les règles de jeu, quant à elles, repose sur une base similaire. Des D6 à répartir dans 10 Aptitudes (Agir, Connaître, Endurer, Forcer, Percevoir, S’imposer, Savoir-faire, Se battre, Viser). Les tirages s’effectuent selon la situation et chaque dé dont le résultat atteint 4, 5 ou 6 indique un succès. Un 6 invite en plus le joueur à relancer son dé pour tenter d’obtenir un succès additionnel. En se Spécialisant ou avec des Atouts représentés par des PNJ (que le meneur prendra plaisir à interpréter), des échecs peuvent aussi être relancés.

 

Non
Le décor varie, on profite de l’environnement d’un Las Vegas parano boosté par un côté obscur encore une fois destiné à des joueurs expérimentés. Le fil rouge, néanmoins et concrètement, reste plus accessible que celui du Syndrome. Ceci pour deux raisons, déjà parce qu’il ne s’étale pas et ensuite, les personnages baignent dans un contexte qui ne leur est pas étranger. Ils incarnent des sortes de méchants au service d’une mafieuse (un PNJ-clé du Syndrome). La difficulté de ce supplément réside donc dans le fait de ne pas verser dans la gratuité, d’amener les joueurs vers des cas de conscience et non pas se limiter à agir sans morale. Là, le côté « pour joueurs expérimentés » touche au but.

 

J’ai enfin particulièrement apprécié le prisme familiale de la trame, impliquant les personnages jusqu’au bout.

Ninja 1 : « Quels sont les ordres du Boss ? » Ninja 2 : « Vérifiez si Céline Dion est en concert ce soir...  »

Ninja 1 : « Quels sont les ordres du Boss ? »
Ninja 2 : « Vérifiez si Céline Dion est en concert ce soir… »

L’écran : il comporte peu de tables et beaucoup de textes en pense-bête. Assez peu pratique à l’usage, sauf si l’on prend en compte que presque toutes les règles sont réunies sur ces volets. Pas résumées, mais bien quasiment entièrement transposées.

 

Septique, je l’étais. Mais la démarche assez originale du supplément ne me laisse pas indifférent – à juste titre puisque ses qualités restent indéniables. Ce que je regrette (avec l’absence d’illustration autre que photo-montée), c’est qu’elle ne m’a pas paru évidente au moment de l’achat.

Ninjas : « New York NEWWW YOOOORRRRKKK »

Ninjas : « New York NEWWW YOOOORRRRKKK »

« Ne nécessite pas Americana : L’intégrale du Syndrome de Babylone » aurait pu s’accompagner d’un « Initiation à l’univers d’Americana », d’autant que le supplément est apparu après le livre de base. Il s’approche donc surtout d’un kit d’introduction et offre une occasion intelligente de découvrir les thèmes du jeu Americana. Si vous aimez ce que vous lisez ici, en imaginant un équivalent mais démultiplié, vous pouvez vous faire une idée assez juste de ce qui vous attend avec le Syndrome de Babylone. Commencez donc par acheter le supplément avant le livre de base, il représente une expérience absolument instructive. Pour ma part, il m’aurait suffit pour explorer la délicieuse ambiance d’Americana taillée au scalpel.

 

 

RAVI_00
déçu contrarié indécis satisfait ravi passionné extatique
+ Je peux y jouer sans le livre de base
Univers : Americana
Thèmes : onirique, occultecontemporain
Matériel : 16×24 cm, 48 pages noir et blanc et un écran 4 volets au même format
VO (français) : John Doe
Auteur : Anthony « Yno » Combrexelle

 

 

 

 

 

 

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