Zombies


2010. Nous sommes envahis de créatures morts-vivantes, une invasion néanmoins cachée aux yeux du monde. Qui êtes-vous ? Des survivants… à moins que vous n’incarniez un revenant incapable d’avoir l’âme en paix.

Ninjas : « Brainnnnnnnnn... » Boss : « J'ai pas donné cet ordre ! »

Ninjas : « Brainnnnnnnnn… »
Boss : « J’ai pas donné cet ordre ! »

À la seule lecture du pitch, on peut imaginer des histoires horrifiques à souhait, racontées à des joueurs dont les yeux brillent de terreur. Ma réponse ? Alors oui, et non.

Tout d’abord et par tradition, parlons de l’écrin. Une couverture rigide, un intérieur en bichromie rose/rouge, une illustration qui fait davantage film Z. Le sous-titre parle de lui-même : « Pour des soirées mortelles ». Côté intérieur, pas mal de crayonnés dont les thèmes confirment l’impression, entre gros flingues, zombies, sexy babes, en somme proche du nanar. La question demeure donc la même qu’avec n’importe quel autre jeu. Est-ce que celui-ci respecte son propre propos ?

Boss : « Pfffff, moi je n'ai ni besoin de katana, ni de flingue, ni d'une demoiselle en sac à main... »

Boss : « Pfffff, moi je n’ai ni besoin de katana, ni de flingue, ni d’une demoiselle en sac à main… »

La base
Nous sommes dans une uchronie, les morts-vivants sont à la fois les antagonistes et les personnages principaux. Antagonistes, puisque nous les combattons à l’instar de n’importe quel film ou série du genre, néanmoins avec un aspect survival atténué. Nous nous situons ici davantage dans une confrontation directe. Les règles du jeu le confirmeront. Personnages principaux, car si votre survivant meurt, il peut revenir, dans sa version zombie ! Probablement le côté le plus original du jeu. Je me demande juste si le traitement réservé à cette partie nécessite de l’intérêt.

Ninja 1 : « Je trouve pas de vanne... » Ninja 2 : « En même temps il a un fusil, mec »

Ninja 1 : « Je trouve pas de vanne… »
Ninja 2 : « En même temps il a un fusil, mec »

Le cadre : l’Australie en première puissance mondiale ? La Russie en cimetière nucléaire ? L’Afrique, revenue sur une base tribale ? Les États-Unis aux mains de la C.I.A. ? Un Japon morcelé par des secousses sismiques, mais résolu à se reconstruire ? Si vous avez le sentiment d’une suite d’archétypes, c’est normal. Parce que ça l’est. L’ouvrage ne développe pas bien plus les idées qu’on pouvait se faire de ces continents, en extrapolant leurs cultures. Ni excitant, ni imaginatif. Néanmoins, il y a une cohérence.
Zombies ne cherche pas à réinventer l’horreur ni le genre, il propose un support pour vivre du nanar. Nuance. Donc, ne vous attendez pas à découvrir un renouvellement avec le livre de base. Heureusement, la suite surprend davantage et plutôt deux fois qu’une.

 

Les règles
Le système rappelle le principe de L’Appel de Cthulhu. Des caractéristiques chiffrées sur 20 (Force, Dextérité, Constitution, Corpulence, Agilité, Réflexion, Perception, Volonté, Charme et… Perversion ; la capacité à utiliser ses talents sociaux pour manipuler). Les compétences, notées en pourcentages, représentent, elles, les occupations du personnage. Un alter ego Avocat, par exemple, aura des compétences d’Informatique, Loi, Investigation, Baratin et Mensonge.

Ninjas : « Boss, pourquoi il a plus d'armes que nous ?!! » Boss : « Parce que l'illustrateur a tous les droits... » Ninja, hype : « Popopooooooooo »

Ninjas : « Boss, pourquoi il a plus d’armes que nous ?!! »
Boss : « Parce que l’illustrateur a tous les droits… »
Ninja, hype : « Popopooooooooo »

En soi, ça reste efficace. La mécanique déjà éprouvée fonctionne. Enfin et techniquement, nous avons comme option de mettre un peu plus de réalisme dans le système. Si vous avez le choix, préférez le versant plus arcade pour assurer le caractère ludique de votre soirée – même s’il faut reconnaître que l’option a le mérite d’avoir été proposé.

Ninja : « Sérieusement ?!! En 2015, on est encore obligé de voir ce genre de misogynie sur le rôle de la femme ??!!! Je suis choqué ! »

Ninja : « Sérieusement ?!! En 2015, on est encore obligé de voir ce genre de misogynie sur le rôle de la femme ??!!! Je suis choqué ! »

Votre survivant : pour le personnaliser, vous pouvez lui attribuer des « Marques de destin » ou des « Marques négatives », je ne comprends pas l’intérêt d’avoir nommé de cette manière, ce qui apparaît au final comme une liste d’Avantages et de Désavantages. Dans tous les cas, vous finissez avec un personnage assez proche des séries Z, un brin réaliste, mais prêt à défourailler du zombie.

Votre zombie : les choses deviennent intéressantes. Nous pouvons incarner un mort-vivant ! L’idée décrit la créature dans sa globalité. Alors, nous déterminons son origine (Expérimental, Occulte, Viral, Nucléaire ou Âme égarée) et ses Marques négatives (le terme est plus approprié ici, car il est question de Peur des objets religieux, des animaux, de la lumière…). On considère d’ailleurs que, pour ne pas céder à sa propre pourriture, le Zombie doit se nourrir, encore et encore, de sang et de cervelle. Nous disposons avec cette partie d’un formidable outil pour rendre votre jeu particulièrement horrifique. Autrement, nous resterons dans un registre plutôt léger de défouraillage de morts-vivants. On nous livre une réflexion ingénieuse du thème.

Illustration : « Freee huuuuuggg... » Boss : « Hiiiiiiiiii ! »

Illustration : « Freee huuuuuggg… »
Boss : « Hiiiiiiiiii ! »

Le champ des possibles
Jouer sérieusement une séquence horrifique, pourquoi pas et c’est possible. Mais le ton, l’angle et les éléments développés à travers la création de personnage et du scénario du livre de base, ne l’encouragent pas. Du moins, pas sur la longueur.

Ninja, à l'ouest : « Très classe, ce style auto-free hug... »

Ninja, à l’ouest : « Très classe, ce style auto-free hug… »

La pertinence réside donc dans le fait d’imaginer le jeu, avec la dualité Humain / Zombie, dans l’idée selon laquelle le premier est condamné à devenir le second. Dans un fil rouge qui permettra de comprendre les enjeux des secrets. En ce sens, la proposition ludique devient intéressante.

Ninja, ému : « Mon doudou ! Merci Francky !! »

Ninja, ému : « Mon doudou ! Merci Francky !! »

 


Ce jeu fait penser aux opérations Steam. Certaines licences ne sont pas cultes, mais promettent du divertissement. Zombies rentre dans cette catégorie et assure pas plus qu’il ne propose. Il s’agit de passer un agréable moment, avec assez de contenu pour encadrer des séances de film Z, plus proche d’un Shaun of the Dead ou d’un Dead Snow, plutôt que d’un Walking Dead. Même si les règles permettent de jouer votre partie en mode serious business.

La gamme Zombies, 816 pages illustrées et mortelles !

La gamme Zombies, 816 pages illustrées et mortelles !

Une gamme 100% frenchie qui comprend pas moins de quatre suppléments ! La confirmation d’une richesse certaine. Le fun de départ reste et s’accompagne des ouvrages suivants :

Fait des Râles – L’Europe dans tous ses États (144 pages). Une description de l’Europe uchronique de 2010. Ses institutions politiques, la manière dont le gouvernement cache l’existence des zombies, les Forces armées, le quotidien, les Forces parallèles, une section spéciale Zombies et trois scénarios.

Supplément Zombies : Fait des Râles - L'Europe dans tous ses Etats

Supplément Zombies : Fait des Râles – L’Europe dans tous ses Etats

Momies – la Revanche des bandelettes (96 pages). Vous pensiez qu’on ne pouvait pas aller plus loin dans le Z ? Détrompez-vous. On vous propose d’incarner ou d’affronter des Momies ! Sud-Américaines, Égyptiennes et Naturelles, toutes donnent un nouveau souffle au jeu.

Supplément Zombies : Momies - La Revanche des Bandelettes

Supplément Zombies : Momies – La Revanche des Bandelettes

Os & Cultes – Sectes et magie noire (176 pages). Les organisations mystérieuses et coteries pratiquent l’occultisme sous bien des visages, même avec une étrange magie rose… Les lieux occultes courent à travers le monde et cachent tous leurs propres pouvoirs, des ingrédients supplémentaires pour le compte des ennemis, ou des Zombies !

Supplément Zombies : Os & Cultes - Sectes et Magie Noire

Supplément Zombies : Os & Cultes – Sectes et Magie Noire

Scenatorium (144 pages). Ce recueil de scénarios propose du nanar, mais pas que. Pour Les dents de la Mer sont en Alerte à Malibu, le groupe la coule douce en mode gore. Dans La Couronne des Morts, l’aventure mènera les personnages de Lille à Lyon pour affronter une secte maléfique. Avec Charcuterie sanglante, nos… héros se la jouent Nouvelle cuisine. En dernière partie, il s’agit d’un triptyque ambitieux, la section la plus intéressante après avoir fait ses premières armes avec d’autres scénarios de la gamme.

Supplément Zombies : Scenatorium

Supplément Zombies : Scenatorium

déçu contrarié indécis satisfait ravi passionné extatique
+ Du matériel facile à prendre en main
+ Shaun must die
+ La possibilité de jouer un Zombie !
+ … et une momie
Une PAO légère
S’apprécie avec les suppléments
Univers : Zombies
Thèmes : pulp, zombies
Matériel : livre à couverture rigide de 256 pages en bichromie
VO (française) : Judaprod / Hydravision
Auteur : « David « Imper de cuir et lunettes noires » et « Papi » Marco

 

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