Scion : Héros 4


De nos jours. Les héritiers des Titans prennent des formes monstrueuses et œuvrent pour la déchéance des Dieux. Vous incarnez un descendant divin, un Héros, un être déchiré entre la guerre des panthéons, leurs ennemis et une vie de mortel. Accepterez-vous votre destinée ?

Ninja 2 : « Croâ ! » Ninja 2 : « Croâ ! » Ninja 3 : « Croâ ! » Boss dépité : « ... »

Ninja 1 : « Croâ ! »
Ninja 2 : « Croâ ! »
Ninja 3 : « Croâ ! »
Boss dépité : « … »

Écrin solide, couverture type blockbuster, thème fort, reliure de qualité. Bref, le livre sexy par excellence, qui me durera longtemps. Merci à l’éditeur. Non pas que je sois violent avec mes précieux ouvrages, mais il se trouve que ce livre de base est manipulé maintes et maintes fois par mes joueurs.

Ninja : « Mec, je vois pas trop l'intérêt de déployer ses ailes au sol, mais bon.. »

Ninja : « Mec, je vois pas trop l’intérêt de déployer ses ailes au sol, mais bon.. »

Aïe. L’introduction dure… longtemps… très… longtemps. J’aime la lecture, j’aime jouer. Toutefois, avec un JDR je ne cherche pas un roman, mais un… jeu ! L’ouvrage amorce une quarantaine de pages d’histoire. C’est long. Et pénible.

En substance ? Un personnage sorti d’une bande-dessinée américaine et des méchants venus des plus gros films d’action d’Hollywood. Je suis partagé sur cette impression et j’espère que le jeu assumera son propos.

 

Création du Héros
Oui, vous incarnez un Héros. Le premier tiers d’un Dieu. Un point de départ aussi historique, que technique, puisque les deux autres livres de Scion sont, très sobrement intitulés, Demi-dieu et Dieu – ce que vous êtes destinés à devenir par la suite.

Boss, avant : « Je ne veux pas paraître ringard, mais je manie super bien l'arc... »

Boss, avant : « Je ne veux pas paraître ringard, mais je manie super bien l’arc… »

Vous vous découvrez une ascendance divine et des talents dépassant le commun des mortels. De fait, quand vous concevez votre personnage, le principal à retenir reste la chose suivante : l’origine humaine de votre alter-ego (ici j’ai le sentiment de meubler vue la manière dont le contexte social est développé), la répartition de vos points d’Attributs, vos compétences, vos vertus de Scion…

Boss, après : « Je ne veux pas paraître ringard, mais je chante super bien Poupou Pidou... »

Boss, après : « Je ne veux pas paraître ringard, mais je chante super bien Poupou Pidou… »

Tous ces aspects dépendent néanmoins de votre nature divine, donc du panthéon que vous aurez déterminé en amont. Ce dernier conditionnera vos pouvoirs associés, les compétences privilégiées ainsi que les rivaux de cœur. Voici les « quelques » divinités à votre disposition.

  • Dieux égyptiens (Anubis, Atoum-Rê, Bastet, Geb, Horus, Isis, Osiris, Ptah, Set, Sobek, Thot)
  • Dieux grecs (Aphrodite, Apollon, Arès, Artémis, Athéna, Dionysos, Hadès, Héphaïstos, Héra, Hermès, Poséidon, Zeus)
  • Dieux scandinaves (Balder, Freya, Freyr, Frigg, Heimdall, Hel, Loki, Odin, Sif, Thor, Tyr, Vidar)
  • Dieux aztèques (Huitzilopochtli, Miclantecuhtli, Quetzalcoatl, Tezcatlipoca, Tlaloc, Tlazoltéotl, Xipe Totec ; prenez un chewing-gum Émile)
  • Dieux japonais (Amaretasu, Hachiman, Izanagi, Izanami, Raiden, Susano-O, Tsuki-Yomi)
  • Dieux vaudous (Baron Samedi, Damballa, Erzulie, Kalfu, Legba, Ogoun, Shango)

 

Pour plus de piment, je vous invite d’ailleurs à proposer de la diversité dans le groupe. Ne laissez pas vos joueurs sélectionner deux mêmes panthéons, car ce sera la différence de culture et d’approche qui rendront les parties plus nuancées. De même, veillez à alimenter les accroches sociales des PJ, avec l’humanité. Le livre n’aide pas beaucoup en ce sens, mais vous devriez travailler sérieusement ce pan du jeu pour garder un recul sur la grandeur des personnages.

Ninja 1 : « Esquive ! » Ninja 2 : « Tralala ! »

Ninja 1 : « Esquive ! »
Ninja 2 : « Tralala ! »

Base et système
Sensiblement équivalent à celui de Vampire La Mascarade, où il faut additionner une caractéristique et une compétence, en nombre de dés à 10 faces. Cette réserve à lancer doit obtenir, sur chaque dé, un niveau de difficulté et plus. Mais encore ? Pour rester raccord, le jeu imagine des Attributs Épiques. C’est-à-dire qu’on ne lance pas une moyenne de 5D10, mais on peut monter facilement à 7, 8 voire une bonne dizaine de D10 pour exploser toutes les statistiques et, accomplir des miracles.

Boss : « C'est l'histoire de la Viiiiiiiiiiiieeee !!! Ce cycle éterneeeelllllleeuu ! »

Boss : « C’est l’histoire de la Viiiiiiiiiiiieeee !!! Ce cycle éterneeeelllllleeuu ! »

La Légende : Le cœur du système repose sur le principe de Légende. Chaque personnage possède cette valeur chiffrée, de 2 à 4 en tant que Héros, 5 à 7 pour un Demi-dieu et 8 à 10 pour un Dieu. Un joueur peut dépenser temporairement ces points pour activer des pouvoirs ravageurs.

Là, enfin, le système assume son propos. Il invite l’interprète du Scion à décrire son action sous la forme d’une « Cascade » (oui, comme à Hollywood). Plus la description se révèle épique et raccord avec la situation, plus le joueur a des chances d’être récompensé par la récupération de sa Légende dépensée pour activer son pouvoir. Vous l’aurez compris… une partie de JDR à Scion peut devenir une épopée moderne. Le meneur devra néanmoins être attentif à ne pas transformer des séquences banales en grand n’importe quoi (« Tu renverses ton café, la tasse tombe au ralenti et la chaleur du contenu t’inspire une errance du passé, aux âges immémoriaux de ton père, le Puissant Zeus… »).

Boss : « Je vais les calmer en 2-3 mouvements, retenez-moi ! » Ninja « ... à vos ordres Boss... »

Boss : « Je vais les calmer en 2-3 mouvements, retenez-moi ! »
Ninja « … à vos ordres Boss… »

Support
J’ai l’impression que les productions américaines, en matière de JDR, voient leurs scénarios comme un immense bac à sable. La trame ne casse pas trois pattes à un canard, le contenu reste presque du jeu vidéo, une mission d’escorte qui part en vrille et amène les joueurs à s’impliquer dans leur rôle divin. Vous ne trouverez pas cela dantesque. Par contre, les situations dans lesquelles briller, oui. Il faut dire, la multiplication des propositions et des décors permettent au meneur d’impliquer ses joueurs dans l’aspect épique du jeu – la présence des Dieux en tant que PNJ se fait sentir. Là-dessus, on ne s’y perd pas. Cette section représente le premier tiers d’une ambitieuse campagne connectée aux ouvrages dédiés aux Demi-dieux et aux Dieux.

 

La fin de l’ouvrage : Une liste d’antagonistes, humains, monstres, engeances, créatures légendaires, descendants de Titans. De quoi amuser les Héros pendant un temps. Sans être d’une folle épaisseur, cette partie a surtout le mérite d’habiller vos futurs scénarios et l’histoire du livre de base. Et enfin, on finit avec des personnages clés-en-mains et prêts à jouer.

Ninja : « Je suis au bout du rouleau, Boss... »

Ninja : « Je suis au bout du rouleau, Boss… »

CONCLUSION_SHAK
Un thème puissant au possible, gâché par un manque d’opportunités saisies. Reste que pour une expérience de jeu, dans son approche one-shot, Scion : Héros se montre redoutable. Au cours de mes séances, les joueurs se sont surpris à prendre en main la narration pour raconter les choses les plus invraisemblables, du Percy Jackson Feat Fast & Furious.

Le contexte humano-divin reste libre d’interprétation. Placer le jeu dans l’Histoire appartient au meneur, on reste sur des outils qui rendront la partie d’un meneur inspiré, absolument épique. Dans le cas contraire, le jeu perdra de son intérêt.

Couvertures de Scion : Demi-dieu & Scion : Dieu

Couvertures de Scion : Demi-dieu & Scion : Dieu

 

 

déçu contrarié indécis satisfait ravi passionné extatique
+ Je veux écrire ma Légende
+ Rendre jaloux Michael Bay est l’un de mes buts dans la vie
 + Un contexte peu développé
Univers : Scion
Thèmes : Dieux, contemporain, épique
Matériel : 444 pages A4, noir et blanc
VO (américain) : White Wolf
VF : Bibliothèque interdite
Auteurs : Justin Achilli, Alan Alexander, Carl Bowen, Bill Bridges, Joh, Chambers, Michael Lee, Peter Schaefer, James Stewart, Andrew Watt

 

 

 

 

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4 commentaires sur “Scion : Héros

  • Macro

    « Rendre jaloux Michael Bay est l’un de mes buts dans la vie » je rigolais toute seule en lisant cela ^^

    L’opération commerciale est effarante tellement le prix est tranché dans le vif oO

    J’avoue que je serais tentée par la perspective d’une parenté avec les dieux de la mythologie, alors que pas de prime abord attirée par une histoire se déroulant à notre époque. Néanmoins, ce doit être à tenter de voir comme les dieux de l’ancien temps se voient au milieu de notre technologie !

  • Milie3124

    Premier JDR auquel j’ai joué. Ambiance sympathique mêlant la mythologie au monde actuel. Permet d’éveiller la curiosité sur des sujets vastes et variés ! A beaucoup apprécié.

    De bonnes séances de fou rire sont issues de ce jeu !

    Seul bémol, je dirai que si l’on n’est pas passionné par l’univers, le jeu peut être un peu difficile pour des débutants. (Après tout dépend du MJ… Il peut choisir de rendre cela accessible ou pas !)