Icare Mag : Spec Ops 1


Certaines publications vous amènent parfois dans des recoins de votre esprit plutôt inattendus. C’est le cas du magazine Icare (aucun lien avec les éditions Icare), au contenu axé jeu vidéo. L’ouvrage vise de prime abord un lectorat exigent et intéressé par les coulisses opaques de ce secteur.

Le thème de ce numéro repose sur la licence Spec Ops (90 pages environ), un TPS aux accents réalistes – un jeu de tir à la troisième personne en somme. Le pitch ? Vous incarnez le capitaine Martin Walker, un vétéran dépêché avec une escouade d’infiltration pour sauver le colonel John Konrad et dénicher le 33e régiment d’infanterie, dont nous n’avons plus de nouvelle. Je ne m’attarderai pas sur les qualités du jeu vidéo, indéniables, mais bien sur le magazine qui s’est risqué à s’étendre sur le sujet, en long, en large et en diagonal.

Au départ, si j’ai soutenu cette parution lors de son crowdfunding, je ne m’attendais pas à trouver plus qu’une analyse du jeu. Dans un premier temps alors et dans l’ordre, le contenu m’a livré :
• une plume agréable
• de la réflexion sur les thèmes abordés (capitalisme, patriotisme, devoir, morale…)
• une couverture originale et à tomber d’Alessandro Taini (Heavenly Sword, Devil May Cry…)
• les confidences de cet artiste majeur sur son parcours

Puis, les articles de fond m’ont fait réaliser que je détenais également :
du matériel pour jeu de rôle… et oui !

Cette évidence m’est apparue au passage sur Dubaï. Je sentais son sable chargé d’amertume, ses déviances justifiables, la misère de son égotisme, la fragilité de ses ambitions démesurées, sa réalité à la fois proche et palpable. Le papier ne se contente pas d’offrir une analyse géopolitique par le prisme du jeu, il décrit le contexte, amène son origine et sa logique de sortie. En d’autres termes, j’ai gagné un supplément de jeu de rôle sans m’y attendre.

De l’analyse à la consommation
Je me retrouve ainsi à disposer d’éléments pertinents pour Delta Green, dont les thèmes font écho à cette décadence hors de contrôle, un spectacle fort qui cherche la démesure et invite à la domination. Dubaï transcende une volonté de s’imposer par une puissante et écrasante séduction. Un tableau riche pour dépayser mes joueurs.

Tout ne me servira évidemment pas pour consommer ma partie de JDR – le contraire aurait été cruellement étonnant pour son auteur (je soupçonne d’ailleurs ce dernier d’avoir déjà imaginé des lecteurs amener ses textes vers d’autres sentiers). Simplement, parce que les angles attaqués par ce contenu couvrent un champ des possibles assez pointu. Là, j’ai par conséquent l’occasion insolente de recycler ce contenu et de le ranger avec mes JDR Magazine.

 

CONCLUSION_SHAK
Si je m’attendais à ça… je me mets à vouloir finir une fois de plus le jeu uniquement pour l’assimiler et faire vivre ses séquences autour de ma table. Et pourquoi pas reprendre les personnages ? Le capitaine Martin Walker (le chargé de mission), le lieutenant Adams (expert Armes lourdes) et le Sergent Lugo (expert Sniper). Voire, carrément tisser un scénario alternatif à celui de Spec Ops… Mais qu’est-ce que j’attends bon sang ?!

Lien utile 
(magazine en kiosque jusqu’au 14 juillet)

 

 

PASSIONNE_02
déçu contrarié indécis satisfait ravi passionné extatique
+ Matériel JDR transmédia
+ Licence SPEC OPS traitée avec brio
+ De l’exclusivité
+ / – Nécessite du temps pour s’immerger
Univers : Icare Mag
Thèmes : jeu vidéo, analyse, guerre
Matériel : A4, couleur, 188 pages
VO (française) : SBC
Auteur : Aurélien Beuzard

 

 

 

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